Rencontre avec Salim Dada, président du jury du Prix Vedrarias 2013 de Composition Musicale

Le 18 novembre dernier, le jury du prix Vedrarias de Composition Musicale s’est réuni à huis clos sous la présidence de Salim Dada, compositeur, pour choisir les trois œuvres qui seront soumises au vote du public le 10 février prochain. 

Salim Dada présentez-vous

Je suis un artiste algérien qui vit en France depuis deux ans, en Europe depuis quatre ans. Médecin de formation convertit en musicien compositeur, je suis le premier compositeur en résidence de l’Orchestre Symphonique National d’Algérie (2006-2009) et de l’Orchestre Symphonique Divertimento en région parisienne (2011-2015), et depuis cette année, je suis également musicologue chercheur à la Sorbonne.

D’où venez-vous et comment êtes-vous arrivé à la musique ?

Je viens de Laghouat, une ville du Sahara algérien, riche de ses palmiers et
de sa poésie. Ses gens sont passionnés des arts et particulièrement de la
musique. Bien que je n’ai découvert mon talent de musicien que très
tardivement, j’étais bercé dans le bon goût de la musique orientale et entouré d’amis musiciens qui ont su encourager mes premiers pas alors que j’avais déjà 18 ans. Aujourd’hui, en regardant mon parcours, je peux dire que je me suis bien rattrapé (rire). Depuis ma petite enfance j’ai excellé dans le dessin et la peinture, faire des portraits me passionnais énormément. À l’université je vivais de ça, je possédai un atelier où je travaillai mes commandes à temps partiel. Après, le passage à la musique est venu comme un accomplissement de ma quête d’expression artistique. Le côté abstrait de la musique et sa grande interprètativité ont passionné mon imagination, j’ai trouvé dans la composition un exercice de style et de construction très créatif
.

Votre actualité musicale ?

Je travaille sur une thèse de doctorat en musicologie à la Sorbonne au titre Al-adhan : appel à la prière en Islam et témoin pur du maqam, une recherche qui m’amènera à l’étude de cette tradition vocale cultuelle dans différents pays du sud de la Méditerranée. Sinon, côté composition, une intense activité avec pour cette année : une série de pièces pour guitare, la mise en chantier de mon deuxième quatuor à cordes et son enregistrement en Italie, une commande de la Cité de la musique pour le projet DEMOS avec l’Orchestre de Paris (concert à la Pleyel en fin juin 2013), ainsi qu’une nouba pour kwitra (luth algérien) et orchestre pour la troisième commande de l'Orchestre Symphonique Divertimento. Ceci est complété par ma résidence de compositeur auprès du Divertimento avec lequel j’aurais une vingtaine de concerts pour 2013 notamment dans le cadre de « Marseille : Capitale européenne de la culture ». Sans oublier bien sûr mon trio (Salim Dada, Mohy Edine Loukili et Nathalie Villedieu-Afchain) pour lequel j’ai écris Trialogue une musique pour guitare, oud, saxophone, voix et percussion. On s’amuse vraiment bien sur scène.

Pourquoi avez-vous accepté la présidence du Prix Vedrarias 2013 de Composition Musicale

J’ai eu l’occasion de présider des concours comparables en Algérie et en Italie et ça m’a toujours intéressé de découvrir de nouvelles partitions, variables nomenclatures et différents styles d’écriture. Je dois dire aussi que le cadre du jury est également important pour le bon déroulement du concours. Ayant eu des échanges toujours attrayants autour de la musique avec mon ami Olivier Guion, le directeur artistique du Concours Vedrarias, je ne pouvais qu’accepter sa demande. Pour cette deuxième édition du concours, on a reçu une douzaine de partitions qui ont toutes, sauf pour quelques détails techniques, respecté les conditions organologiques et musicales du concours. La moitié des partitions a été généralement bien écrite, mais il fallait n’en sélectionner que trois. Une partition finaliste devait donc pouvoir tenir un discours musical cohérent, maîtriser (avec audace souhaitable) l’orchestration de la nomenclature imposée, bien gérer la forme et la mise en oeuvre des différentes ressources instrumentales et d’écriture musicale. Dans les choix du jury, aucune référence stylistique ou esthétique n’a été favorisée, les trois oeuvres les mieux composées ont été retenues pour la Finale.

©Mélanie Foucault www.salimdada.com Entretien réalisé le 19 décembre 2012 

 

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